Un projet de site web se complique rarement à cause d’une couleur ou d’un bouton. Les difficultés apparaissent surtout lorsque les objectifs, les contenus, les responsabilités ou le budget n’ont pas été clarifiés avant le devis. Le cahier des charges d’un site internet sert précisément à transformer une idée générale en projet compréhensible et comparable.
Pour une TPE, il ne s’agit pas de produire cent pages de jargon technique. Un document de cinq à dix pages bien structuré peut suffire, comme le rappelle France Num. Voici une méthode concrète pour le rédiger, avec une trame à copier et à adapter.
À quoi sert vraiment un cahier des charges de site internet ?
Le cahier des charges décrit le contexte, le résultat attendu et les contraintes connues. Il aide le dirigeant à hiérarchiser ses besoins et permet au prestataire de proposer une solution, un planning et un prix cohérents.
Il doit notamment permettre de répondre à ces questions :
- pourquoi le site doit-il être créé ou refondu ?
- quels publics doit-il convaincre ?
- quelles actions les visiteurs doivent-ils réaliser ?
- quelles pages et fonctionnalités sont nécessaires ?
- qui fournit les textes, photos et informations légales ?
- quelles sont les limites de délai et de budget ?
- comment mesurera-t-on le succès après la mise en ligne ?
Le document n’a pas besoin d’imposer une technologie. Une entreprise peut exprimer son besoin de prise de rendez-vous, de demande de devis ou de catalogue sans décider elle-même du thème, des extensions ou de l’hébergement.
1. Présenter l’entreprise et le contexte du projet
Commencez par une présentation courte : activité, ancienneté, principaux services, zone d’intervention et organisation. Pour une entreprise située à Bouzigues, par exemple, il est utile de préciser si elle reçoit sur place, intervient dans tout le bassin de Thau ou travaille aussi à distance.
Ajoutez ensuite la situation de départ : absence de site, site ancien, changement d’offre, nouvelle identité, manque de demandes ou difficulté à être visible sur mobile. Cette partie donne au prestataire les raisons du projet.
Questions à renseigner
- Quelle est l’offre prioritaire ?
- Qui sont les clients les plus rentables ou les plus recherchés ?
- Qu’est-ce qui différencie l’entreprise ?
- Quels supports existent déjà : logo, charte, photos, vidéos, brochures ?
- Quels concurrents ou sites inspirent le projet, et pourquoi ?
Évitez les formulations vagues comme « faire moderne ». Indiquez plutôt l’effet recherché : rassurer une clientèle professionnelle, faciliter une réservation sur mobile ou valoriser un savoir-faire local.
2. Définir les objectifs et les conversions
Un site ne peut pas tout optimiser en même temps. Choisissez un objectif principal et deux ou trois objectifs secondaires.
L’objectif principal peut être d’obtenir des demandes de devis qualifiées. Les objectifs secondaires peuvent être de recevoir des appels, présenter les réalisations, réduire les questions répétitives ou développer l’inscription à une newsletter.
Associez chaque objectif à un indicateur :
| Objectif | Action attendue | Indicateur utile |
|---|---|---|
| Générer des prospects | Envoi du formulaire | Demandes qualifiées par mois |
| Favoriser les appels | Clic sur le téléphone | Appels issus du site |
| Développer une réservation | Confirmation en ligne | Réservations terminées |
| Renforcer la confiance | Consultation des réalisations | Visites des pages projets |
Cette étape évite de juger le site uniquement sur son apparence.
3. Décrire les publics et leurs besoins
Une « cible » utile ne se limite pas à un âge. Décrivez la situation qui conduit la personne sur le site, ses questions et ses freins.
Exemple : « Dirigeant d’une petite entreprise du bassin de Thau, peu disponible, qui souhaite comparer des solutions et connaître le déroulement avant de prendre rendez-vous. Il consulte principalement sur mobile et veut voir des exemples concrets. »
Deux ou trois profils prioritaires suffisent. Pour chacun, précisez l’information attendue et l’action à faciliter.
4. Préparer l’arborescence et les contenus
Listez les pages envisagées. Pour un site vitrine, une base fréquente comprend :
- accueil ;
- une page par service important ;
- présentation de l’entreprise ;
- réalisations ou études de cas ;
- questions fréquentes ;
- contact ;
- mentions légales et politique de confidentialité.
Le guide KLD sur la création d’un site à Sète explique pourquoi une page dédiée à chaque service facilite à la fois la compréhension et le référencement.
Pour chaque page, indiquez son objectif, son public, les informations disponibles et l’appel à l’action. Précisez aussi qui rédige les textes, sélectionne les photos et valide les contenus. Un planning peut être bloqué plusieurs semaines simplement parce que ces responsabilités n’ont pas été attribuées.
5. Lister les fonctionnalités sans dicter la technique
Décrivez ce que l’utilisateur doit pouvoir faire :
- envoyer une demande avec des champs précis ;
- réserver un créneau ;
- consulter un catalogue ;
- payer en ligne ;
- télécharger un document ;
- s’inscrire à une liste ;
- changer de langue ;
- accéder à un espace privé.
Mentionnez les outils à connecter : CRM, agenda, solution de paiement, logiciel métier, système d’envoi d’e-mails ou fiche d’établissement. Le prestataire pourra alors vérifier les contraintes et les coûts récurrents.
Ajoutez les exigences non fonctionnelles : affichage mobile, accessibilité, sécurité, sauvegardes, performances, conformité des formulaires et gestion des traceurs. La CNIL rappelle que les traceurs non strictement nécessaires requièrent généralement un consentement préalable ; ce point doit être prévu avant l’installation des outils de mesure ou de publicité.
6. Cadrer le référencement et le territoire
Le référencement ne doit pas être ajouté au dernier moment. Le cahier des charges doit préciser les services à rendre visibles, les zones réellement desservies et les contenus à conserver lors d’une refonte.
Pour KLD Communication Digitale, le territoire prioritaire est Bouzigues, Sète et le bassin de Thau. Cela n’implique pas de répéter chaque commune dans chaque phrase. Il faut surtout une architecture claire, des pages utiles, des coordonnées cohérentes et des preuves locales réelles.
Demandez également :
- la conservation ou la redirection des anciennes URL ;
- la configuration des titres et descriptions ;
- un plan de redirections en cas de refonte ;
- le raccordement aux outils de mesure ;
- une formation pour publier de nouveaux contenus.
7. Préciser budget, calendrier et livrables
Donner une fourchette budgétaire aide le prestataire à proposer une solution réaliste. Le budget doit distinguer la conception initiale et les frais récurrents : hébergement, maintenance, licences, création de contenu et accompagnement SEO.
Indiquez les échéances réellement impératives et leur raison. Un lancement lié à une saison ou à un événement local doit intégrer du temps pour la collecte des contenus, les validations, les corrections et les tests.
Listez enfin les livrables attendus : maquettes, site configuré, contenus intégrés, accès administrateur, documentation, sauvegarde, formation, suivi après mise en ligne et droits d’utilisation des créations.
Modèle de cahier des charges à copier
Vous pouvez reprendre cette trame dans votre document :
1. Entreprise et contexte — activité, offre, territoire, situation actuelle.
2. Objectifs — objectif principal, conversions et indicateurs.
3. Publics — profils, besoins, objections et usages mobiles.
4. Arborescence — pages prévues et rôle de chaque page.
5. Contenus — textes, photos, vidéos, responsable et date de livraison.
6. Fonctionnalités — actions attendues et outils à connecter.
7. Identité — logo, couleurs, références et contraintes.
8. SEO et mesure — services, territoire, anciennes URL et conversions.
9. Cadre technique — mobile, accessibilité, sécurité, sauvegardes et conformité.
10. Budget et planning — enveloppe, jalons et date de lancement.
11. Livrables et suivi — formation, maintenance, accès et garanties.
Qui rédige le cahier des charges ?
Le dirigeant reste responsable de l’expression du besoin, mais il peut être accompagné par le futur prestataire. La bonne méthode consiste souvent à préparer une première version en interne, puis à la challenger lors d’un atelier de cadrage.
Quelle longueur doit-il faire ?
La longueur dépend du projet. Pour un site vitrine de TPE, cinq à dix pages structurées sont souvent plus utiles qu’un document long rempli d’exigences copiées. Un e-commerce ou une connexion à plusieurs logiciels nécessitera davantage de détails.
Faut-il choisir la technologie à l’avance ?
Non, sauf contrainte interne existante. Décrivez les usages, les accès, les intégrations et le niveau d’autonomie souhaité. Le prestataire doit pouvoir justifier la solution proposée.
Faire relire le projet avant de demander des devis
Avant la consultation, vérifiez que chaque exigence correspond à un objectif et qu’un responsable est identifié pour les contenus. Un bon cahier des charges ne fige pas toutes les décisions : il fournit une base commune pour poser les bonnes questions.